

Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Options
|
|
||
|
||
|
||
Montrer les dernières |
||
Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Le Latécoère 298 (souvent abrégé en « Laté 298 ») est un hydravion torpilleur monomoteur à flotteurs conçu au milieu des années 1930 pour l'Aéronautique navale française. Prévu avant tout pour le lancement de torpilles, il fut employé pendant la Seconde Guerre mondiale comme bombardier en piqué contre des objectifs terrestres et navals, comme appareil de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, ainsi que pour la reconnaissance. Robuste, maniable et apprécié de ses équipages, il est généralement considéré comme le plus réussi des hydravions militaires français de la guerre. Environ 121 exemplaires furent livrés, et l'appareil resta en service dans divers rôles jusque vers 1950.
En 1933, la Marine nationale émit une spécification pour un hydravion torpilleur moderne destiné à remplacer le Latécoère 290, à peine entré en service et aux performances décevantes. Latécoère y répondit avec le Laté 298, une conception bien plus moderne que celle de son prédécesseur. Le prototype, le 298.01, fut construit dans les ateliers toulousains de la firme et effectua son premier vol début mai 1936 (le 8 mai selon la plupart des sources), piloté par Jean Gonord. Les essais constructeur s'achevèrent le 24 septembre 1936. Au cours de ces essais, une liaison tubulaire reliant les deux flotteurs fut ajoutée ; elle fut conservée sur tous les appareils suivants.
Le Laté 298 était un monoplan à aile médiane cantilever de construction entièrement métallique, à l'exception des empennages, réalisés en bois entoilé. L'aile effilée était munie de volets d'intrados, et le moteur Hispano-Suiza 12Ycrs, un V12 à refroidissement liquide de 880 ch (660 kW) — le même que celui du chasseur Morane-Saulnier M.S.406 —, entraînait une hélice tripale à pas variable. L'appareil reposait sur deux grands flotteurs monoredan, abritant chacun un réservoir de carburant et reliés au fuselage par un ensemble de mâts. L'équipage comprenait normalement trois hommes (pilote, observateur-navigateur et radio-mitrailleur), installés sous une longue verrière ; il était réduit à deux lorsqu'une torpille était emportée.
Un logement ventral aménagé sous le fuselage pouvait recevoir une torpille Type 1926 DA de 670 kg, jusqu'à trois bombes ou grenades sous-marines, ou encore des fusées éclairantes. L'armement comprenait trois mitrailleuses Darne de 7,5 mm : deux armes fixes tirant vers l'avant et une arme sur affût mobile au poste arrière.
Satisfaite du prototype, la Marine passa une première commande de 36 appareils le 17 mars 1937, dont douze à voilure extérieure repliable destinés au porte-hydravions Commandant Teste. D'autres commandes suivirent, mais les chiffres de production varient selon les sources : environ 121 appareils furent effectivement livrés à la Marine, sur des commandes nettement plus importantes. Certains critiques estimèrent que le moteur était trop faible pour un triplace alourdi par ses flotteurs et une lourde torpille, ce qui le rendait vulnérable face à la chasse moderne ; sa robustesse fut en revanche unanimement saluée.
Mise en service
Les premiers appareils de série furent livrés en octobre 1938 à l'escadrille T2 de Cherbourg. D'autres unités furent transformées peu après, sur les bases aéronavales de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée ainsi qu'à bord du Commandant Teste. À la déclaration de guerre, en septembre 1939, quatre escadrilles étaient équipées du type. En mai 1940, quelque 81 appareils étaient en service dans six escadrilles : T1, T2 et T3 sur les côtes de la Manche (Cherbourg, Boulogne), T4, HB1 et HB2 en Méditerranée, ces deux dernières opérant depuis des bases à terre après le retrait du Commandant Teste de son rôle de porte-hydravions.
Campagne de France
Pendant la « drôle de guerre » et les premiers jours de l'offensive allemande, les Laté 298 effectuèrent des missions de patrouille maritime, d'escorte de convois et de lutte anti-sous-marine, sans rencontrer de bâtiments de guerre allemands. Lorsque la Wehrmacht perça jusqu'à la Manche, les escadrilles de la Manche furent engagées dans une mission pour laquelle l'appareil n'avait jamais été conçu : l'attaque de colonnes blindées, de ponts et de carrefours routiers entre Boulogne et la Somme. Lors d'un raid de jour fin mai 1940, plusieurs appareils furent abattus par des Messerschmitt Bf 109 et par la DCA ; la plupart des missions furent ensuite menées de nuit, notamment contre les ponts de la Somme en juin. Grâce à sa robustesse et à sa maniabilité, le Laté 298 subit malgré tout des pertes proportionnellement plus faibles que bien des appareils terrestres employés dans des missions comparables. Aucune attaque à la torpille ne fut jamais réalisée au combat.
Période de Vichy
Aux termes de l'armistice de juin 1940, six unités équipées de Laté 298 furent autorisées à rester en activité par les commissions d'armistice allemande et italienne, sur des bases du sud de la France et d'Afrique du Nord (comme Berre et Karouba, près de Bizerte). Quelques aviateurs de la Marine utilisèrent l'appareil pour tenter de rejoindre les Forces françaises libres ; l'un parvint en Angleterre, tandis qu'un autre fut intercepté et son équipage emprisonné. La production reprit en mars 1942 avec l'accord de la commission de contrôle allemande, avec une commande de 30 Laté 298F simplifiés. Après l'invasion de la zone libre en novembre 1942, un certain nombre d'appareils furent saisis et utilisés par la Luftwaffe, tandis que des ouvriers auraient saboté les livraisons destinées à l'occupant.
Aux côtés des Alliés
Après le débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch) en novembre 1942, les unités stationnées au Maroc, en Algérie et en Tunisie rejoignirent le camp allié. Opérant aux côtés du Coastal Command de la RAF et de ses Vickers Wellington, elles effectuèrent des patrouilles anti-sous-marines et des escortes de convois au-dessus de la Méditerranée et des approches atlantiques jusqu'en 1944. Lors de la Libération de la France, le Laté 298 accomplit ses dernières missions de guerre, en attaquant la navigation allemande qui ravitaillait les poches du Mur de l'Atlantique encore tenues sur le littoral français.
Après-guerre
Les derniers appareils de première ligne furent retirés en 1946. Les quelques survivants servirent ensuite à l'instruction et aux liaisons jusque vers 1950-1951.
Toutes les versions de série étaient motorisées par l'Hispano-Suiza 12Ycrs-1.
Aucun Laté 298 complet n'a été conservé. Plusieurs épaves sont cependant connues et régulièrement visitées par les plongeurs, notamment l'une reposant par une soixantaine de mètres de fond au large du phare de Planier, près de Marseille, et une autre au large de Ténès, en Algérie.
Un Laté 298 apparaît dans les dernières minutes du film Au grand balcon (1949), où il remplace le Latécoère 28 lors de la reconstitution de la première traversée de l'Atlantique Sud par l'Aéropostale ; les trappes de sa soute à torpille y sont nettement visibles.
— — — = = — — —
— — — = = — — —
|
|
Vous avez précédemment choisi de ne montrer que les sujets les plus célèbres! (Via le menu Options)