

Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Options
|
|
||
|
||
|
||
Montrer les dernières |
||
Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Le FMA IA-58 Pucará (« forteresse » en quechua) est un avion argentin d'attaque au sol et de contre-insurrection (COIN) construit par la Fábrica Militar de Aviones (FMA) de Córdoba. C'est un monoplan bimoteur à turbopropulseurs, entièrement métallique, à aile basse, empennage en T et train rétractable, capable d'opérer depuis des terrains courts et non préparés. Environ 110 exemplaires ont été construits entre 1974 et 1993. Il a combattu en Argentine contre la guérilla, pendant la guerre des Malouines en 1982, où il remporta l'unique victoire aérienne argentine, et pendant la guerre civile au Sri Lanka. Il a également servi en Uruguay et en Colombie. Retiré du rôle d'attaque par la Force aérienne argentine en 2019, il se prolonge dans la version de surveillance remotorisée IA-58H Fénix.
En août 1966, la fabrique aéronautique d'État argentine, la Dirección Nacional de Fabricación e Investigación Aeronáutica (DINFIA), lança le développement de l'AX-2, un avion de contre-insurrection répondant à un besoin de la Force aérienne argentine (Fuerza Aérea Argentina, FAA). Le projet fut promu par l'ingénieur Ricardo Olmedo et dirigé par l'ingénieur Aníbal Dreidemie, futur concepteur de l'IA-63 Pampa. La formule retenue était celle d'un monoplan à aile basse, équipé de deux turbopropulseurs en nacelles d'aile et d'un empennage en T. Pour la valider, la DINFIA construisit d'abord un planeur non motorisé grandeur nature, qui vola pour la première fois le 26 décembre 1967.
Le planeur ne révélant aucun problème de pilotage majeur, la construction d'un prototype motorisé commença en septembre 1968. D'abord désigné IA-58 Delfín, il fut rapidement rebaptisé Pucará, du nom des forteresses de pierre perchées sur les collines andines. Propulsé par deux turbopropulseurs Garrett TPE331 I/U-303 de 674 kW (904 ch), il effectua son premier vol le 20 août 1969 et fut présenté officiellement le 10 octobre 1969. Des problèmes de vibrations avec les moteurs américains et la volonté d'utiliser un moteur déjà produit sous licence en Argentine conduisirent au choix du turbopropulseur français Turbomeca Astazou XVIG de 729 kW (978 ch). Le deuxième prototype, premier équipé d'Astazou, vola le 6 septembre 1970, et le premier prototype fut remotorisé par la suite. Un troisième prototype, au standard de série, suivit en 1973.
Le premier IA-58A de série vola le 8 novembre 1974. Les deux premiers appareils furent livrés en 1975 à la III Brigada Aérea de Reconquista (province de Santa Fe), où ils équipèrent le 2° Escuadrón de Exploración y Ataque. Une première série de 60 avions fut suivie d'une seconde, et environ 110 Pucará furent finalement construits, exportations comprises, jusqu'à l'arrêt de la production au début des années 1990.
L'IA-58 est de construction classique entièrement métallique, principalement en duralumin. L'aile droite en porte-à-faux présente un dièdre de 7 degrés sur les panneaux extérieurs et des volets de bord de fuite à fente. Le fuselage étroit abrite un cockpit en tandem : les deux membres d'équipage sont assis sous une verrière à ouverture vers le haut, sur des sièges éjectables Martin-Baker Mk 6AP6A « zéro-zéro », avec double commande. Le siège arrière est surélevé et le nez plongeant offre une excellente visibilité vers l'avant et vers le bas, indispensable pour la visée à vue des armes. Grâce à son aérodynamique soignée, le Pucará est plus rapide que l'OV-10 Bronco américain, mais contrairement à celui-ci, il ne dispose pas de soute de fret.
Un blindage protège l'équipage et les moteurs contre les tirs venus du sol, et le pare-brise est à l'épreuve des balles. Les deux moteurs Astazou entraînent des hélices tripales Ratier-Forest, également utilisables comme aérofreins. Conçu pour opérer depuis des pistes courtes et sommaires, le Pucará possède un train tricycle rétractable, avec une roue avant simple et des roues principales jumelées s'escamotant dans les nacelles moteurs. Les jambes hautes dégagent bien les charges sous voilure, et les pneus basse pression conviennent aux terrains accidentés. Trois fusées JATO peuvent être fixées sous le fuselage pour des décollages très courts. Le carburant est logé dans deux réservoirs de fuselage (800 litres) et deux réservoirs d'aile auto-obturants (460 litres). Le train, les volets et les freins sont à commande hydraulique.
L'armement fixe comprend deux canons Hispano-Suiza HS.804 de 20 mm (270 obus chacun) sous le fuselage et quatre mitrailleuses FN Browning de 7,62 mm (900 cartouches chacune) sur les flancs. Trois points d'emport, un sous le fuselage et un sous chaque aile, peuvent recevoir jusqu'à 1.620 kg de charges : bombes, napalm, paniers de roquettes, nacelles canons, distributeurs de mines ou réservoirs largables. La visée s'effectuait avec un collimateur français SFOM 83A3 ; l'avion ne possédait pas de radar.
Argentine
Les Pucará connurent leur baptême du feu fin 1975, lorsque des appareils détachés à Córdoba menèrent des frappes de contre-insurrection contre la guérilla de l'ERP dans la province de Tucumán, dans le cadre de l'Operativo Independencia. Environ 60 Pucará avaient été livrés au moment de la guerre des Malouines.
Guerre des Malouines (1982)
Grâce à leurs capacités d'atterrissage court, les Pucará furent les seuls avions de combat argentins capables d'opérer depuis les îles elles-mêmes. Quelque 24 appareils y furent déployés à partir d'avril 1982, sur l'aéroport de Port Stanley et sur deux petits terrains en herbe improvisés à Goose Green et à Pebble Island, pour des missions de reconnaissance et d'attaque légère. Ils se révélèrent très vulnérables au sol : trois furent détruits et un pilote tué à Goose Green par des bombes à sous-munitions larguées par des Sea Harrier du 800 NAS le 1er mai, et six autres furent détruits lors du raid du SAS sur Pebble Island dans la nuit du 14 au 15 mai.
Le 21 mai, lors du débarquement britannique à San Carlos, un Pucará fut abattu par un missile Stinger tiré par le D Squadron du SAS, le tout premier Stinger lancé au combat. Un autre tomba sous les obus de 30 mm du Sea Harrier du Commander Nigel « Sharkey » Ward ; celui-ci compta une vingtaine d'impacts avant que l'avion, très robuste, ne s'écrase, et son pilote, le major Carlos Tomba, s'éjecta sain et sauf. Le 28 mai, pendant la bataille de Goose Green, deux Pucará abattirent à la mitrailleuse un hélicoptère Westland Scout des Royal Marines en mission d'évacuation sanitaire : ce fut la seule victoire aérienne argentine confirmée de la guerre. L'un des deux s'écrasa sur Blue Mountain au retour. Le même jour, un autre Pucará fut abattu par les armes légères du 2 PARA après une attaque à la roquette ; son pilote, le lieutenant Miguel Cruzado, fut fait prisonnier. Tous les Pucará déployés sur les îles furent détruits ou capturés.
Appareils capturés
Après la reddition argentine du 14 juin 1982, onze Pucará furent capturés par les forces britanniques, dont quatre en état de vol. Plusieurs furent expédiés au Royaume-Uni pour évaluation. Le A-515, la meilleure cellule trouvée à Stanley, fut remis en état de vol à l'Aeroplane and Armament Experimental Establishment (A&AEE) de Boscombe Down, avec des pièces d'autres appareils capturés. Immatriculé ZD485 dans la RAF, il revola le 28 avril 1983 et accumula environ 25 heures d'essais, dont des atterrissages sur terrain sommaire et des combats dissemblables contre des Phantom, un Sea Harrier et des hélicoptères, avant d'être convoyé au RAF Museum de Cosford le 9 septembre 1983. Ce fut le seul Pucará capturé à voler en Grande-Bretagne.
Colombie
En décembre 1989, l'Argentine livra trois Pucará à la Force aérienne colombienne, qui les utilisa contre les narcotrafiquants et la guérilla au cours des années 1990.
Sri Lanka
La Force aérienne du Sri Lanka acquit quatre Pucará et les engagea dans des opérations de contre-insurrection contre les Tigres tamouls (LTTE) de 1993 à 1999. Trois furent perdus : l'un s'écrasa près de Jaffna le 13 octobre 1993, un autre fut abattu par les LTTE lors de violents combats près de Jaffna le 14 juillet 1995, tuant son pilote, et un troisième s'écrasa le 15 mars 1997 après l'explosion d'une de ses propres bombes au largage, le pilote s'éjectant sain et sauf.
Uruguay
L'Uruguay reçut à partir de 1981 six IA-58A ex-argentins, qui servirent pendant 36 ans au sein de l'Escuadrón Aéreo N°1 (Ataque), principalement pour la surveillance des frontières et l'interception de vols illicites. En 2002, Carolina Arévalo devint l'une des deux premières femmes pilotes de combat d'Amérique du Sud en se qualifiant sur Pucará. Le type fut officiellement retiré du service uruguayen le 17 mars 2017.
Retrait et Fénix
Dans les années 1990, les Pucará de la FAA reçurent des améliorations mineures sous la désignation IA-58D. Devenu difficile à soutenir et handicapé par des systèmes obsolètes, le Pucará fut officiellement retiré du service par la Force aérienne argentine le 4 octobre 2019 à Reconquista, un demi-siècle après son premier vol. Lors de la même cérémonie, la FAA présenta le premier IA-58H Pucará Fénix, une conversion réalisée par FAdeA (héritière de la FMA) pour les missions de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) et de patrouille frontalière. Les Astazou y sont remplacés par des turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-62 entraînant des hélices quadripales Hartzell, et l'avion reçoit un nouveau cockpit Garmin, la climatisation et des provisions pour des capteurs FLIR, un radar à synthèse d'ouverture, un désignateur laser et des communications par satellite. Après plus de 100 vols d'essai, la remotorisation fut certifiée par l'autorité argentine de navigabilité militaire (DIGAMC) le 29 décembre 2023, et la FAA commanda à FAdeA de nouvelles conversions, avec une durée de service prévue de 15 à 20 ans supplémentaires.
Sources complémentaires : RAF Museum (historique individuel du A-515), Imperial War Museum, FlightGlobal, Key.Aero, Air Data News, Airpressman, Vintage Aviation News.
— — — = = — — —
— — — = = — — —
|
|
Vous avez précédemment choisi de ne montrer que les sujets les plus célèbres! (Via le menu Options)
Les commentaires ci-dessous concernent uniquement cette fiche (IA-58 Pucará).
Pour une question ou une remarque d'ordre général sur aircraftube, utilisez plutôt le blog général.