

Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Options
|
|
||
|
||
|
||
Montrer les dernières |
||
Recherche dans les textes... |
Ligne de Temps |
Les Airspeed AS.6 Envoy, AS.10 Oxford et AS.65 Consul forment une famille de monoplans bimoteurs à aile basse et de construction en bois, étroitement apparentés, conçus et construits par le constructeur britannique Airspeed Ltd. L'Envoy, avion de transport léger et de ligne qui vola pour la première fois en 1934, donna naissance à l'Oxford, avion d'entraînement militaire construit à plus de 8.500 exemplaires, qui forma une grande partie des équipages du Commonwealth britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, des Oxford excédentaires furent à leur tour convertis en petit avion de transport civil, le Consul.
Au début des années 1930, Airspeed avait lancé avec succès le Courier, premier avion britannique doté d'un train d'atterrissage escamotable. La direction de la société comprit rapidement qu'un dérivé bimoteur agrandi demanderait bien moins de travail de conception qu'un appareil entièrement nouveau. L'étude fut dirigée par le cofondateur A. H. (Hessell) Tiltman, et le conseil d'administration d'Airspeed autorisa le projet en novembre 1933 ; dès janvier 1934, six appareils, dont le prototype, se trouvaient déjà à différents stades de construction.
Le prototype, G-ACMT, effectua son premier vol le 26 juin 1934 aux mains de C. H. A. Colman. La confiance en l'appareil était telle qu'une semaine plus tard seulement il fut envoyé à sa première présentation publique, le meeting de la Society of British Aircraft Constructors (SBAC) à Hendon. En septembre 1934, il subissait ses essais de certification à Martlesham Heath, tandis qu'était préparée une version de course, l'AS.8 Viceroy.
L'Envoy était un monoplan à cabine et aile basse entièrement en bois, aux gouvernes entoilées, avec un train principal se relevant vers l'arrière dans les nacelles moteurs et une roulette de queue fixe. Il partageait de nombreux éléments avec le Courier, dont sa construction en bois, les panneaux de voilure extérieurs et le train principal. La cabine accueillait normalement huit passagers et un pilote (six si les toilettes optionnelles étaient installées), avec un compartiment à bagages séparé à l'arrière.
Airspeed travailla d'abord en étroite collaboration avec Wolseley Motors, dont le moteur Aries équipait le prototype et les premiers appareils de série ; les deux premiers Envoy furent d'ailleurs vendus à Wolseley et à son propriétaire, Lord Nuffield. Lorsque Wolseley abandonna brusquement la fabrication de moteurs d'avion en septembre 1936, Airspeed proposa à ses clients un choix de moteurs, dont les Armstrong Siddeley Cheetah et Lynx, le Wright Whirlwind et le Walter Castor. La production se répartit en trois séries : 17 Série I, 13 Série II (avec volets d'intrados) et 19 Série III améliorés. Au Japon, Mitsubishi en construisit onze autres sous licence sous la désignation d'avion de transport de passagers Hinazuru.
Airspeed fit la promotion de l'Envoy par des courses aériennes et des vols à longue distance. La compagnie britannique North Eastern Airways fut la première à l'utiliser comme avion de ligne, et Japan Air Transport ainsi que la compagnie tchécoslovaque ČSA, qui commanda quatre appareils à moteurs Walter Castor, figurèrent parmi ses exploitants les plus satisfaits. D'autres exemplaires furent livrés à Ansett en Australie, à des gouverneurs provinciaux chinois et, en mai 1937, au King's Flight, qui reçut l'Envoy III G-AEXX dans une livrée rouge et bleue caractéristique.
Sept « Convertible Envoy » furent commandés pour une utilisation conjointe par la South African Air Force et South African Airways. Ils pouvaient recevoir rapidement des lance-bombes et une mitrailleuse dans une tourelle dorsale manuelle Armstrong Whitworth, une équipe de quatre mécaniciens pouvant transformer un appareil de transport en bombardier léger ou en avion de reconnaissance en quatre heures. L'expérience acquise avec cette version s'avéra extrêmement précieuse lors du développement de l'Oxford.
Pendant la guerre civile espagnole, dix Envoy furent acquis par les républicains et deux par les nationalistes. L'Envoy fut également utilisé par les forces aériennes du Japon, de Finlande, de Chine, de Slovaquie et de Croatie, et la Luftwaffe employa quelques exemplaires capturés comme avions d'entraînement. La RAF en utilisa quelques-uns pour des missions de liaison ; à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il ne restait que très peu d'Envoy, et le dernier, G-AHAC, fut ferraillé en 1950.
Avec l'expansion de la RAF dans les années 1930 et le passage des biplans à des monoplans plus rapides et plus exigeants, l'Air Ministry eut besoin d'un avion d'entraînement avancé pour les équipages de bombardiers. Le 10 juillet 1936, il adressa la spécification T.23/36 à Airspeed, qui fonda son projet sur l'Envoy et sur les enseignements tirés du Convertible Envoy. Une première série de 136 appareils fut commandée, permettant une production à la chaîne économique à Portsmouth, et le prototype, L4534, fut piloté par Percy Colman le 19 juin 1937.
L'Oxford était un monoplan cantilever à aile basse, au fuselage semi-monocoque revêtu de contreplaqué autour de longerons en épicéa, à la voilure à revêtement travaillant en contreplaqué munie de volets d'intrados à commande hydraulique, et à l'empennage en bois. Il était normalement propulsé par deux moteurs en étoile Armstrong Siddeley Cheetah X de 350 ch. Doté d'un équipage de trois hommes, il reproduisait le comportement des avions de première ligne de l'époque et servait à l'entraînement au pilotage, à la navigation, au vol de nuit et sans visibilité, à la radio, au tir, au bombardement et à la photographie aérienne. Le Mk I possédait une tourelle dorsale, tandis que le Mk II avait une double commande mais pas de tourelle. Pour l'instruction des bombardiers, la seconde commande était démontée afin de laisser place à un bombardier allongé.
La demande dépassant largement les capacités d'Airspeed, l'Oxford fut aussi construit par de Havilland, Percival et Standard Motors. Selon les chiffres des constructeurs, 8.586 exemplaires furent produits : 4.411 par Airspeed à Portsmouth, 550 dans l'usine fantôme (shadow factory) d'Airspeed à Christchurch, 1.515 par de Havilland à Hatfield, 1.360 par Percival à Luton et 750 par Standard Motors à Coventry (un total de 8.751 est parfois cité, incluant 165 appareils annulés).
Surnommé « Ox-box », l'Oxford pouvait former simultanément, au cours d'un même vol, pilotes, navigateurs, bombardiers, mitrailleurs et opérateurs radio, et il prépara des équipages complets pour le Bomber Command de la RAF. Il fut l'avion d'entraînement préféré du British Commonwealth Air Training Plan, plus de 2.900 exemplaires étant envoyés en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et en Rhodésie du Sud. En 1941, les Oxford de la No. 4 Flying Training School de Habbaniya, en Irak, furent transformés sur place en bombardiers légers pour participer à la défense de la base. L'appareil servit aussi à la liaison, à la patrouille anti-sous-marine et comme avion sanitaire. La vrille était réputée presque irrécupérable, et de nombreux Oxford britanniques étaient équipés d'une corde à nœuds reliant le siège du pilote à la porte arrière pour aider l'équipage à évacuer.
Le 5 janvier 1941, la célèbre aviatrice Amy Johnson, qui volait alors pour l'Air Transport Auxiliary, s'égara par mauvais temps aux commandes d'un Oxford et tomba dans l'estuaire de la Tamise, où elle périt. L'USAAF emprunta 137 Oxford à la RAF, principalement pour la liaison et l'entraînement à l'approche sur faisceau radio.
L'Oxford resta en service dans la RAF jusqu'en 1956. Après la guerre, les appareils excédentaires équipèrent de nombreuses forces aériennes, dont celle de la Belgique, qui en reçut trente en 1946-1947 pour former une école de pilotage et les utilisa jusqu'à la fin des années 1950, ainsi que la Force Publique du Congo belge, qui en reçut six dès avril 1944. Parmi les autres utilisateurs figuraient le Danemark, Ceylan, l'Égypte, la France, la Grèce, l'Inde, l'Iran, Israël, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Turquie et la Yougoslavie.
Dès 1940, la direction d'Airspeed réfléchissait au sort des nombreux Oxford alors produits en série lorsque la démobilisation réduirait la demande militaire. Après le jour de la Victoire en Europe, la société racheta au gouvernement britannique des Oxford complets ou partiellement assemblés et entreprit de les convertir en avion de transport polyvalent et économique. Le premier appareil, G-AGVY (ex-V3679), reçut son certificat de navigabilité le 15 mars 1946 ; peint dans la livrée standard bleu foncé et or des Consul, il fut livré à la société Bata pour des liaisons entre ses usines européennes. Airspeed le proposa aux compagnies aériennes, aux propriétaires privés et aux entreprises, une démarche novatrice pour l'époque.
À partir de 1946, 162 Oxford furent convertis, dont 50 rien qu'entre mai et octobre 1946. Les modifications comprenaient une paire de hublots supplémentaires de chaque côté, un nez allongé formant soute à bagages, une cloison munie de portes doubles entre le poste de pilotage et la cabine, et un empennage horizontal recalé. La cabine accueillait normalement cinq ou six passagers, l'opérateur radio prenant place à côté du pilote sur l'ancien siège de l'instructeur. Les variantes comprenaient un avion sanitaire doté d'une grande porte s'ouvrant vers le haut (prototype G-AJWR, présenté à Radlett en 1947), un cargo convertible, une version d'affaires avec toilettes, et une version armée de deux mitrailleuses, de roquettes et d'une tourelle dorsale.
Le Consul servit dans de nombreuses petites compagnies régulières et de charter comme avion de desserte régionale en Grande-Bretagne, ainsi qu'en Belgique, en Islande, en Irlande, à Malte, en Afrique de l'Est et au Canada, et il fut le premier type exploité par Malayan Airways, ancêtre de Singapore Airlines et de Malaysia Airlines. Plusieurs grandes entreprises industrielles l'utilisèrent comme avion d'affaires. Sa structure en bois, son pilotage délicat et sa faible capacité limitèrent sa carrière, mais il serait le seul avion de transport civil d'Airspeed à avoir été un succès financier.
De nombreux Consul passèrent à des utilisateurs militaires. En Israël, ils formèrent les équipages de transport et de Mosquito au sein du 141e escadron, et en juin 1949 l'un d'eux transporta le Premier ministre David Ben Gourion lors d'une tournée dans le sud du pays. Au Congo belge, la Force Publique reçut six Consul (C-31 à C-36) en 1948-1949, dont la grande porte de chargement convenait parfaitement aux évacuations sanitaires ; retirés en 1954-1955, quatre d'entre eux furent ensuite vendus à Natal Airlines en Afrique du Sud. Parmi les autres utilisateurs militaires figuraient l'Argentine, la Birmanie, la Nouvelle-Zélande et la Turquie.
Envoy
Oxford
Consul
Aucun Envoy n'a survécu. Plusieurs Oxford sont préservés, notamment :
— — — = = — — —
— — — = = — — —
|
|
Vous avez précédemment choisi de ne montrer que les sujets les plus célèbres! (Via le menu Options)