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Air Afrique était une compagnie aérienne panafricaine, détenue pendant la majeure partie de son histoire par une dizaine d'États d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Elle fut créée en 1961 pour être le transporteur multinational de l'Afrique francophone de l'Ouest et du Centre, à une époque où la plupart des pays nouvellement indépendants de la région n'avaient pas les moyens de créer et d'entretenir seuls une compagnie nationale. Son siège était à Abidjan (Côte d'Ivoire) et Dakar-Yoff (Sénégal) lui servait de seconde plaque tournante. Son code IATA était RK, son code OACI RKA et son indicatif d'appel "AIRAFRIC". Elle était membre de l'IATA et de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).
Pendant quarante ans, la compagnie, avec sa livrée verte et son emblème au globe terrestre, fut le symbole d'une Afrique nouvellement indépendante. Elle amorça un lent déclin au début des années 1980, tout en restant longtemps considérée comme l'une des compagnies les plus réputées du continent. Écrasée par ses dettes, elle cessa ses vols en janvier 2002 et fut déclarée en faillite le 7 février 2002.
Le nom avait déjà été porté avant la guerre par la Régie Air Afrique, une entreprise d'État française qui exploitait dans les années 1930 les lignes transsahariennes d'Alger vers Niamey, Bamako, Fort-Lamy et Brazzaville, et qui fut intégrée à Air France en 1941.
Les origines (1960-1961)
Air Afrique fut d'abord conçue en février 1960 comme une filiale commune d'Air France et de l'Union Aéromaritime de Transport (UAT), destinée à reprendre les services régionaux que ces deux compagnies exploitaient en Afrique. La nouvelle société fut enregistrée en septembre 1960 sous le nom d'Air Afrique (Société de Transports Aériens en Afrique).
Lors de la première conférence des pays francophones, tenue à Abidjan en octobre 1960, le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny préconisa la création d'une compagnie multinationale. Onze chefs d'État donnèrent leur accord à Brazzaville en décembre 1960, tandis que la Gambie, le Ghana et le Mali déclinèrent l'invitation. Lors de la troisième conférence, à Yaoundé au début de 1961, la société d'origine fut rebaptisée Société pour le Développement du Transport Aérien en Afrique (SODETRAF). Le traité de Yaoundé, signé le 28 mars 1961, donna naissance à la nouvelle Air Afrique : Air France et l'UAT détenaient chacune 17 % du capital, les onze États membres (Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Dahomey, Gabon, Haute-Volta, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) se partageant les 66 % restants.
L'hôtesse de l'air Léopoldine Doualla-Bell Smith, alors la seule Africaine qualifiée de l'aviation civile française, fut la toute première employée de la compagnie.
L'expansion (1961-1975)
Le Sénégalais Cheikh Boubacar Fall fut nommé premier président-directeur général le 25 juin 1961. Les vols commencèrent le 1er août 1961 sur le réseau régional, avec douze Douglas DC-4 loués à Air France et à l'UAT. Le 15 octobre 1961, un Lockheed Constellation d'Air France (un L-1649 Starliner), volant pour le compte de la compagnie de Paris à Port-Étienne, Dakar, Abidjan, Cotonou et Douala, inaugura les lignes long-courriers. Des Douglas DC-6 pressurisés, également loués à l'UAT, rejoignirent bientôt la flotte.
Le 5 janvier 1962, la compagnie mit en service ses premiers avions à réaction, des Boeing 707 loués à Air France, sur les lignes Paris-Dakar-Abidjan et Paris-Douala-Brazzaville, et commanda en décembre de la même année ses propres jets, deux Douglas DC-8. Toujours en 1962, elle devint membre de l'IATA. En 1963, après la fusion de l'UAT et de TAI qui donna naissance à l'UTA, le capital fut réorganisé : la SODETRAF reçut 28 %, le reste étant détenu par les États membres, et Air Afrique devint propriétaire de sa flotte. La même année, elle commença les vols du pèlerinage vers Djeddah, et en avril 1964 elle fut autorisée à relier l'Afrique aux États-Unis (New York). Les effectifs passèrent d'environ 2 500 personnes en 1965 à 3 370 en 1970 et 3 726 en 1975.
Le Togo rejoignit le consortium en 1965, et des Caravelle de Sud Aviation furent commandées la même année pour le réseau régional. En 1971, à la suite d'un différend avec les autres partenaires, le Cameroun quitta la compagnie pour fonder Cameroon Airlines. Le premier McDonnell Douglas DC-10-30, baptisé "Libreville", fut livré le 28 février 1973 ; le type devint le navire amiral de la compagnie sur les lignes vers l'Europe. Cheikh Fall, qui avait dirigé la compagnie pendant douze ans, fut remplacé en 1974 par l'Ivoirien Aoussou Koffi.
Déclin et restructurations (1976-2000)
Le Gabon se retira en 1976 pour créer Air Gabon, tandis que la Sierra Leone adhéra brièvement en 1978. En juillet 1980, les effectifs atteignirent leur maximum avec 5 100 personnes. Des commandes furent passées chez Airbus et Boeing à la fin des années 1970 et dans les années 1980, et la compagnie exploita des Airbus A300, un Boeing 747 cargo et des Boeing 727 loués.
Dès le début des années 1980, les pertes s'accumulèrent, en raison d'effectifs pléthoriques, d'ingérences politiques, de lignes non rentables imposées par les États membres, de l'essor des compagnies nationales et de la concurrence des compagnies étrangères. À la fin de la décennie, la dette atteignait quelque 200 milliards de francs CFA. En mars 1989, Rolland Billecart, haut fonctionnaire français, fut nommé président-directeur général pour redresser la compagnie ; 1 600 emplois furent supprimés en juin 1989. En 1990, Air France prit le contrôle d'UTA, et donc de sa participation dans Air Afrique. Le premier Airbus A310-304 arriva en 1991.
La dévaluation de 50 % du franc CFA en janvier 1994 porta un coup sévère à la compagnie, dont la plupart des dettes et des coûts étaient libellés en devises ; plusieurs avions furent saisis par des créanciers. En 1995, Air Afrique transporta 761 000 passagers et perdit 19 millions de dollars. Billecart partit en 1997 et fut remplacé par le Mauricien Harry Tirvengadum. En juillet 1998, quatre A310-300 durent être rendus à leurs propriétaires, ramenant la flotte de quinze à onze appareils.
La fin (2001-2002)
En janvier 2001, Jeffrey Erickson, ancien PDG de la TWA, fut désigné par la Banque mondiale pour restructurer la compagnie ; son plan, qui prévoyait le licenciement d'environ la moitié du personnel, fut rejeté par les États membres. En juin 2001, la dette s'élevait à 431 millions de dollars. En août 2001, un plan de sauvetage soutenu par la France prévoyait de créer une nouvelle Air Afrique dont Air France aurait détenu 35 %, mais il échoua. Frappée en outre par la chute du trafic aérien consécutive aux attentats du 11 septembre 2001, Air Afrique cessa ses vols en janvier 2002 avec un seul avion loué encore en service, et fut déclarée en faillite le 7 février 2002. Air France reprit l'essentiel de ses lignes ; l'éphémère Afrinat International Airlines devait lui succéder, mais le projet d'une nouvelle compagnie panafricaine ne vit jamais vraiment le jour.
Au moment de sa fermeture, Air Afrique desservait 22 destinations : Abidjan, Athènes, Bamako, Bangui, Banjul, Brazzaville, Casablanca, Cotonou, Dakar, Douala, Genève, Libreville, Lomé, Marseille, N'Djamena, New York, Niamey, Nouakchott, Ouagadougou, Paris, Pointe-Noire et Rome. Au cours de son histoire, elle a aussi desservi Bordeaux, Lyon, Nice, Djeddah et de nombreuses autres villes africaines.
En quarante ans, Air Afrique a exploité, en propre ou en location, une quarantaine de types ou versions d'avions, parmi lesquels :
Quelques compositions de la flotte :
Selon l'Aviation Safety Network, Air Afrique a connu sept accidents et incidents, dont deux ont fait des victimes.
Références : Wikipedia (EN)
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