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Le Piaggio P.166 est un avion utilitaire léger bimoteur italien construit par Rinaldo Piaggio S.p.A. (devenue plus tard Piaggio Aero). Facilement reconnaissable à son aile en mouette et à ses deux moteurs propulsifs montés au-dessus de l'aile, il est dérivé de l'amphibie P.136 et a volé pour la première fois en 1957. Commercialisé dans ses versions civiles sous le nom de Portofino et connu sous le nom d'Albatross en Afrique du Sud, il a été produit pendant plus de trente ans en versions à pistons et à turbopropulseurs, comme avion d'affaires, avion de ligne régional, avion-taxi, avion d'entraînement, avion de photographie aérienne et avion de patrouille maritime. Environ 150 exemplaires ont été construits.
Vers la fin de 1955, Piaggio commence l'étude d'un avion d'affaires terrestre dérivé de son amphibie P.136L. Conçu par l'ingénieur Giovanni Casiraghi, le P.166 associe l'aile, les empennages et les moteurs du P.136 à un fuselage entièrement nouveau. L'aile en mouette et les moteurs propulsifs, choisis à l'origine pour protéger les hélices des embruns sur l'amphibie, sont conservés, ce qui donne à l'appareil une cabine particulièrement silencieuse et spacieuse pour sa catégorie, ainsi qu'une excellente visibilité vers le bas. Piaggio restera fidèle à la formule propulsive jusqu'au P.180 Avanti.
Le prototype (immatriculé I-RAIF) effectue son premier vol à Villanova d'Albenga le 26 novembre 1957, piloté par le capitaine Aldo Gasperi, et obtient sa certification italienne le 28 octobre 1958. La version initiale, qui accueille deux pilotes et six à huit passagers, est propulsée par deux moteurs six cylindres à plat suralimentés Lycoming GSO-480 de 340 ch entraînant des hélices propulsives tripales. Le modèle de série, le P.166A (AL1), est construit à Finale Ligure, et plusieurs exemplaires sont vendus comme avions d'affaires, avions de ligne régionaux ou avions-taxis.
Le P.166B Portofino amélioré reçoit des moteurs Lycoming IGSO-540 plus puissants de 380 ch, de nouveaux capotages, un nez allongé et une cabine redessinée ; son prototype (I-PIAS) vole le 27 mars 1962 et est certifié le 8 janvier 1963. Il est suivi du P.166C, qui vole le 2 octobre 1964 : son train principal se rétracte dans des carénages extérieurs fixés aux flancs du fuselage, ce qui libère la cabine pour un maximum de 12 passagers. Pour la Force aérienne sud-africaine, Piaggio développe le P.166S, une version de patrouille côtière et de recherche et sauvetage dotée du nez long du modèle B, d'un radar de recherche et de réservoirs de bout d'aile agrandis ; elle vole en octobre 1968. Avec le dernier P.166S, la production des versions à pistons prend fin après environ 110 cellules.
En 1975, Piaggio développe une version à turbopropulseurs, le P.166D. Conçu par l'ingénieur Alessandro Mazzoni et équipé de deux turbopropulseurs Lycoming LTP101, il est piloté pour la première fois le 3 juillet 1976 par Evasio Ferretti. La version de série, le P.166DL3, est certifiée le 21 juillet 1978 et construite en plusieurs versions spécialisées pour la photographie aérienne, la patrouille maritime et la surveillance de l'environnement. À la fin des années 1990, un programme de modernisation à mi-vie aboutit au P.166DP1, remotorisé avec des turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-121 et doté d'une avionique Collins Pro Line II, d'un compensateur électrique trois axes, de nouvelles dérives ventrales, d'un train renforcé et d'une durée de vie portée à 15.000 heures. Le DP1 est certifié le 23 décembre 2002.
Italie
L'Aeronautica Militare (armée de l'air italienne) a été le principal utilisateur du type. Elle commande le P.166M, version militaire du P.166A, dont le premier exemplaire est livré au printemps 1961 ; une cinquantaine sont reçus jusqu'en 1968. Ils servent d'avions de liaison et de transport auprès des commandements aériens régionaux, d'avions d'entraînement multimoteurs à l'école de pilotage de Latina et à l'école des instructeurs de Grottaglie, au centre d'essais en vol de Pratica di Mare et au 303e groupe autonome de Guidonia. L'armée de l'air reçoit aussi deux P.166BL2/APH et six P.166DL3/APH de photographie aérienne. Mis en œuvre par le 71° Gruppo, surnommé les « Black Sheeps », les DL3/APH effectuent des missions de cartographie aérienne et de surveillance au profit de la police ; ils sont retirés en février 2012, laissant l'armée de l'air sans capacité d'aérophotogrammétrie. Certains appareils ont également été déployés aux couleurs des Nations unies.
La Guardia Costiera (garde-côtes italiens, Corps des Capitaineries de port) reçoit douze P.166DL3/SEM (Sorveglianza Ecologica e Marittima, surveillance écologique et maritime) entre 1988 et 1990. Équipés d'un radar de recherche et de capteurs de détection de la pollution en mer, ils patrouillent le long des côtes italiennes jusqu'à leur retrait en juillet 2017. L'un d'eux a reçu une livrée spéciale « Orca ».
La Guardia di Finanza (police douanière et financière) reçoit en 1990 deux P.166DL3 ex-Alitalia pour l'entraînement et les missions utilitaires, puis dix P.166DL3/SEM neufs entre 1991 et 1995. Le P.166 est le premier avion à voilure fixe du groupe d'exploration aéromaritime du corps. Huit appareils sont convertis au standard P.166DP1, dont le premier est remis au salon du Bourget le 13 juin 2005. Utilisé contre la contrebande, l'immigration clandestine et la pollution en mer, puis pour la formation des pilotes, le dernier P.166DP1 (MM62264/GF-06) effectue son vol d'adieu le 1er mars 2022 à Pratica di Mare, lors du 68e anniversaire du service aérien du corps.
Afrique du Sud
Dans les années 1960, la Force aérienne sud-africaine (SAAF) a besoin d'un avion de patrouille maritime côtière et de surveillance des pêches. Déjà cliente de Piaggio, elle commande vingt P.166S, baptisés Albatross (numéros 881 à 900). Le premier est livré en octobre 1969 et le dernier en 1974. Tous servent au 27 Squadron, qui les utilise le long des côtes sud-africaines jusqu'en 1992-1993, date à laquelle ils sont remplacés par des Dakota modernisés, c'est-à-dire le type même qu'ils devaient remplacer à l'origine. Un seul est perdu en service dans la SAAF. La plupart des survivants sont revendus sur le registre civil, où plusieurs sont utilisés pour des vols d'affrètement, de fret ou privés.
Utilisateurs civils
Conçu avant tout pour le marché civil, le P.166 trouve des acheteurs en Europe et surtout en Australie, où une quinzaine sont immatriculés au début des années 1960. Ils servent d'avions de ligne régionaux et d'avions d'affrètement, notamment chez Ansett-ANA, MacRobertson Miller Airlines et Tasman Airlines, au Department of Civil Aviation, ainsi que chez plusieurs compagnies de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour le transport de passagers et de fret. Au Royaume-Uni, le P.166 G-ARUJ sert d'avion d'entreprise à la brasserie Charrington United Breweries. En Italie, l'école de pilotage d'Alitalia utilise elle aussi le P.166DL3 pour la formation sur multimoteurs.
I-FENI
Le prototype du P.166B, I-PIAS, transformé plus tard en démonstrateur de la version régionale P.166C, est vendu à la fin des années 1970 à la compagnie régionale Transavio. Immobilisé, il effectue son dernier vol en 1985 vers Milan-Bresso, où il reste abandonné pendant plus de dix-huit ans. En 2002, deux officiers de l'armée de l'air italienne le rachètent pour la somme symbolique de 50 euros et le font transporter par camion jusqu'à Guidonia. Après neuf ans et quelque 17.500 heures de travail, il est réimmatriculé I-FENI (en hommage aux « Fenicotteri », les flamants roses emblème du 303e groupe) et revole le 2 novembre 2011. Exploité par le groupe historique « I Fenicotteri » depuis Terni, c'est aujourd'hui le dernier P.166 en état de vol en Italie, et un habitué des meetings comme le Royal International Air Tattoo et le salon ILA de Berlin.
Utilisateurs militaires et gouvernementaux
Utilisateurs civils
Autres sources : avia-dejavu.net, volandia.it, museoaviazione.com, saairforce.co.za, airhistory.net, scramble.nl, theaviationist.com, hars.org.au.
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